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L'image martienne de la semaine par Gilles Dawidowicz Les plus grands Bassins d'impact du Système Solaire. Nous avons souvent présenté dans cette chronique des cratères d'impact, leur datation relative, leur morphologie, leur mode de formation, et des caractéristiques diverses qu'ils peuvent présenter. Ainsi certains concentrent des champs de dunes de sables sur leur plancher, d'autres sont interprétés comme étant des paléo-lacs, d'autres encore des exutoires de rivières... Mais nous avons rarement parlé de ces impacts géants que sont les bassins d'impact. Et pour cause, ils sont très rares. Mars comme les autres corps du Système Solaire n'en possède pas beaucoup. Ces impacts là sont gigantesques et mesurent plusieurs centaines voire quelques milliers de kilomètres de diamètre. Leur simple présence est bien plus qu'une cicatrice car finalement ces formations ont fréquemment été à la limite de détruire en le pulvérisant, le corps impacté. Ces énormes cratères d'impact se sont formés pendant la période de bombardement intense qui caractérisa le début de la formation de notre Système Solaire et selon les théories actuelles, plus les cratères d'impact sont grands, plus ils sont vieux. On sait aujourd'hui, que les impacts les plus récents sont majoritairement petits, quelque soit le corps impacté dans notre Système Solaire. En voici présentés quelques-uns parmi les plus imposants à travers une petite promenade dans la banlieue du Soleil...
Sur Vénus comme sur Terre, les bassins d'impact ont disparu de la surface, du fait des actions de la tectonique et de celles de l'érosion. Les plus grands cratères d'impact atteignent péniblement quelques centaines de kilomètres de diamètres. Sur la Lune, les bassins d'impact sont pléthores (29 dénombrés de plus de 300 km de diamètre) et l'on y trouve vraisemblablement les plus imposants de tout le Système Solaire. Ainsi, au pôle Sud de notre satellite se trouve le géant Aitken de 2250 km de diamètre et de 12 km de profondeur ! C'est, croit-on, un excellent candidat pour contenir de l'eau sous forme de glace au fin fond de ses abysses. Mais on trouve aussi sur l'astre de nos nuits, les célèbres Mers et Océans aux diamètres remarquables. Ainsi Oceanus Procellarum le colosse, fut initialement estimé à 3200 km de diamètre. Mais la complexité de sa structure révélée par la sonde Clémentine l'a ramené aujourd'hui à 1900 km de diamètre. Mare Imbrium fait quant à elle près de 1250 km, Mare Orientale 930 km, Mare Humorum 825 km, Mare Nubium 750 km, Mare Serenitatis 620 km et Mare Crisium 570 km de diamètre. La Lune est sans conteste la surface la plus constellée de bassins d'impact de tout le Système Solaire. La planète rouge quant à elle nous réserve quelques surprises au sujet des bassins d'impact. Deux fois plus petite que la Terre ou Vénus, Mars possède en effet des bassins d'impact en grand nombre. En fait, que ce soit Hellas (2100 km), Argyre (800 km), Huygens (470 km) ou Herschel (304 km), ces bassins se situent tous dans l'hémisphère Sud de la planète sauf celui d'Isidis (1200 km) situé juste au Nord de l'équateur martien. Malgré l'atmosphère de la planète et son érosion de surface particulièrement efficace (surtout dans l'hémisphère Nord, il faut le préciser), les cratères et les bassins d'impact sont restés pour la plupart bien visibles depuis l'orbite. Pour Hellas, de loin la plus imposante de ces structures, la dépression possède un plancher situé à plus de 9 km sous le niveau moyen de la planète. Ce bassin est dominé par un anneau (des éjectas produits lors de l'impact) d'une épaisseur de plus de 2 km (et dont le volume recouvrirait d'une couche de 3,5 km l'ensemble de la superficie de l'Europe), se dispersant à plus de 4000 km du centre de l'impact ! Ces éjectas sont pour une bonne part responsables de la surélévation générale de l'ensemble de l'hémisphère Sud martien.
Après Mars, les corps solides se "réduisent" aux gros satellites des planètes géantes gazeuses, autour de Jupiter et de Saturne essentiellement. Ainsi sur Callisto, les bassins Valhalla (600 à 3000 km) et Asgard (1700 km) dominent la surface. Callisto (4800 km de diamètre) possède une surface étonnante et Valhalla, probablement la plus grande structure d'impact de tout le Système Solaire, mesure 600 km de diamètre mais possède des rides concentriques qui s'étendent à plus de 1500 km du centre du cratère. La sonde Voyager 1, le 06 mars 1979 révéla sa présence. Quant à Asgard, sa structure est comparable bien que plus petite. En fait, les rides concentriques sont d'origine tectonique et se composent de failles près de la zone centrale jusqu'aux marges. D'autres impacts mais plus petits se sont progressivement formés et se sont additionnés à ces structures gigantesques.
Dans la banlieue de Saturne, sur Mimas, le bassin d'impact Herschel est tout à fait remarquable : il balafre littéralement le petit corps qui ne fait que 392 km de diamètre ! L'impact qui mesure 130 km de diamètre fait donc le tiers de la taille de Mimas. Le piton central mesure quant à lui 6 km de hauteur. Mimas était probablement très près de la dislocation totale au moment du choc. Enfin, terminons cette promenade à travers le Système Solaire par Tethys, près de Saturne. Tethys fait 1060 km de diamètre et possède un très vieux bassin d'impact nommé Odysseus, de 400 km de diamètre plus grand donc que Mimas. Lors du choc, il est envisagé que Tethys était encore suffisamment chaude pour que les remparts et le piton central se soient relaxés après leur formation, de sorte qu'aujourd'hui, ils n'apparaissent plus dans le paysage de cette petite lune.
Quelques bassins d'impact parmi les plus imposants
(c) Texte : Gilles Dawidowicz/APM
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