Éditorial, bulletin de juillet 2025

Starship : doutes et espoirs

A l’heure où j’écris ces lignes, le projet Starship de SpaceX vient de connaître de sérieux revers.

Rappelons que ce lanceur lourd (et même « super heavy » selon la terminologie de SpaceX), donnera une capacité de lancement jamais égalée1. Il visera diverses applications : le lancement de satellites (et en premier Starlink) par grappes de dimensions jamais égalées, le transport point à point sur Terre, et surtout, une capacité de transport de personnes (100 personnes !) et cargo vers la Lune, Mars et …. au-delà.

Sa méthode de développement est également innovante, mode agile avec des cycles rapides d’essai / erreurs. C’est ainsi que SpaceX a déjà démontré des accomplissements exceptionnels : contrôle de 36 moteurs du booster Superheavy, la recapture de SH par des bras articulés lors de l’atterrissage. Et à terme, la capacité de réapprovisionnement en orbite (« orbit refueling »), une nouvelle capacité complètement innovante, qui va révolutionner le spatial.

Puis une première mission Lune puis Mars à moyen terme (quelques années). Starship est le projet le plus avancé susceptible de concrétiser notre ambition commune de l’Homme sur Mars.

Depuis ce début d’année, malheureusement, le projet subit des déconvenues majeures. Les vols 7, 8, 9 en 2025 se sont soldés par des échecs. Pire encore, récemment, un essai statique sol a explosé, détruisant probablement une partie du pas de tir.

Ces échecs n’ont rien d’anormal dans le développement d’un lanceur. On peut même dire que les démonstrations faites sont d’un niveau d’excellence exceptionnel. Mais un lanceur reste un système d’une complexité extrême !

Dans l’intérêt même du projet martien, souhaitons à SpaceX « un prompt rétablissement ».

Philippe Clermont

Président

PS : à vos agendas. Notez les dates des 28 et 29 novembre à Paris. Votre association organise EMC 2025, la réunion des Mars Societies Européennes, qui sera l’occasion de présentations d’experts de premier plan, et, bien sûr, sera ouverte par Robert Zubrin.

1: 100 à 150 tonnes en orbite basse, et en version totalement réutilisable