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IRRUPTION FRACASSANTE DE SPACEX DANS LE RETOUR SUR LA LUNE

A la demande du président Trump, la NASA a lancé le programme Artémis de retour d’astronautes américains sur la Lune avant fin 2024, sachant que l’agence spatiale considérait la date de 2028 jusqu’alors envisagée comme très ambitieuse… Les difficultés ne sont pas seulement d’ordre technique, mais aussi d’ordre budgétaire, le Congrès renâclant  à accroître les ressources d’un projet jugé intenable dans ce délai et dont, de plus, la rationalité de certains aspects, telle que la création d’une station orbitale lunaire (Gateway), est mise en doute. Néanmoins, la NASA a lancé le programme, en s’appuyant sur le fait que les développements de deux éléments essentiels, la capsule interplanétaire Orion et le lanceur lourd SLS, étaient déjà très avancés (et avaient coûté très cher, plus de 12 milliards $ pour le SLS). Ses initiatives ont porté en particulier sur les projets des différents modules de la Gateway, permettant d’établir le cadre d’une coopération internationale, avec une participation significative de l’ESA.

Mais un segment important du projet restait à attribuer, celui du Human Landing System (HLS), c’est-à-dire le matériel qui permettrait, à partir de la Gateway orbitale, de faire descendre, habiter et remonter en orbite les équipages (et équipements) destinés à établir une présence sur le sol lunaire. C’est pourquoi l a NASA lançait en septembre 2019 une sollicitation à projets pour le développement et la qualification d’un HLS, toujours à l’échéance 2024. En avril  2020, l’Agence faisait part de sa présélection de 3 projets émanant de Dynetics, SpaceX et National Team (un regroupement d’acteurs majeurs de l’industrie spatiale US), avec à  la clef de modestes contrats (ordre de grandeur, centaine de millions) ayant pour objet de préciser les projets et, en fait, d’inciter les proposants à démarrer leur programme.

Illustration des trois projets de HLS retenus par la NASA dans sa présélection. La proposition SpaceX frappe par sa simplicité architecturale, même si ses performances en masse et volume de charge utile le différencient encore plus de ses concurrents .

Et enfin, tout récemment (15 avril 2021), coup  de théâtre : non seulement la NASA prend, rapidement, la décision capitale d’attribution d’un gros contrat (de 2,9 milliards $) au gagnant du concours, mais de plus elle renonce, contre toute attente, à retenir deux concurrents, contrairement à sa pratique pour l’ISS (contrats des vols de ravitaillement, d’une capsule spatiale et des vols habités).

Pourtant, ce qui frappe le plus, c’est le choix de SpaceX. Certes, la jeune société et ses options innovantes sont désormais reconnues à leur juste valeur, mais la confiance qui lui est ici manifestée est d’une portée considérable ; en effet le projet de SpaceX est basé sur une version lunaire de son projet Starship, dont l’aboutissement – dans les délais imposés – est sérieusement mis en doute : il s’agit de véhicules de conception totalement nouvelle, à une échelle imposante, véhicules qu’il va falloir qualifier,  au niveau de sécurité propre aux vols humains, en moins de 4 ans !

Même si, du fait des réussites techniques, industrielles et financières d’Elon Musk, on peut croire au succès du programme Starship (incluant le Heavy Booster), il est plus difficile d’imaginer que l’objectif lunaire de 2024 puisse être tenu (sans même évoquer les freins budgétaires qui pourraient se manifester). Et pourtant, le spectacle de la fourmilière de BocaChica, le nid martien de SpaceX, semble nous y encourager. Et puis, un retard d’un ou deux ans ne serait pas une catastrophe ; il ne s’agit plus de couronner le terme d’une réélection !

Vue aérienne mi-avril 2021 du chantier pas de tir orbital, avec en haut à gauche les piliers cylindriques de fondation du pas de tir et en haut au milieu les puissantes fondations de la tour de  lancement, haute de 162 m, désormais en construction. (doc. WAI)

Notons que la conception d’Artémis pourrait évoluer, l’irruption du Starship ouvrant de nouvelles perspectives et diminuant encore la valeur du concept Gateway. Il devient parfaitement envisageable de faire plus simple et moins coûteux. 

Quoi qu’il en soit, ce qui est remarquable, c’est que la sélection de SpaceX va renforcer les perspectives martiennes. Non seulement par l’apport financier au développement du Starship, mais aussi parce que des vols lunaires précoces permettraient d’en accélérer la maturation. C’est bien là la première concrétisation de la thèse selon laquelle l’étape lunaire est utile à l’objectif final : Mars.

Du « pipeau », Starship ? Qui pourrait encore le dire ?

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Au sujet de l'auteur
Richard Heidmann
Ancien élève de l’École Polytechnique et de l’École Nationale Supérieure de l’Aéronautique et de l’Espace, Richard Heidmann est ingénieur en propulsion spatiale. Ancien Directeur de l’Orientation Recherche et Technologies du groupe Snecma (aujourd’hui Safran), il a exercé précédemment diverses responsabilités dans le domaine des moteurs-fusées. Il a participé à la genèse et au développement des lanceurs Ariane. Sur le plan associatif, il a pris une part active dans la promotion de l’exploration de Mars et de l’accès de l’Homme à ce monde, en tant que président fondateur de l’association Planète Mars, branche française de la Mars Society.
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