Robert Zubrin expose dans ce bulletin son idée de « Starboat ». Il s’agit d’une sorte de mini-Starship qui pourrait constituer la charge utile d’un Starship et dont la vocation serait de descendre à la surface de la Lune ou de Mars à la place du gros vaisseau. Cela réduirait de manière significative l’effort nécessaire pour la remontée et, par la même occasion, les difficultés liées aux manœuvres de descente et d’atterrissage.
Est-ce révolutionnaire ? En vérité, non, car cela rappelle la stratégie de la mission Apollo, avec un module lunaire dédié qui se détache du module de commande en orbite lunaire, descend à la surface, puis remonte en orbite après la visite de l’astre sélène. Évidemment, une telle stratégie adaptée à Mars implique une réduction drastique du nombre de voyageurs par rapport aux ambitions d’Elon Musk. Mais, au fond, ne serait-ce pas la stratégie la plus sage ?
On renonce au « Mars Direct », c’est-à-dire à l’envoi direct depuis l’orbite terrestre jusqu’à la surface de Mars, mais on se rapproche d’un « Mars semi-direct », autre concept que Zubrin lui-même avait élaboré et que j’ai également défendu dans un article de 2016 (voir références [1,2,3]).
C’est une idée qui mérite d’être approfondie. Gageons qu’Elon Musk, pragmatique, l’étudiera de près, en particulier s’il se confirme que la qualification de l’atterrissage et du redécollage d’un Starship de très grande taille s’avère extrêmement difficile.
A suivre !
[1] Zubrin, R. M. & Baker, D. A. Mars Direct: a simple, robust, and cost-effective architecture for the Space Exploration Initiative. Proceedings of the AIAA Aerospace Sciences Meeting, Reno, NV, AIAA Paper 91-0326 (1991)..
[2] Zubrin, R. M. & Weaver, D. B. Practical methods for near-term piloted Mars missions. Proceedings of the AIAA/AAS Astrodynamics Specialist Conference, AIAA Paper 1993-2089 (28–30 June 1993, Monterey, CA)
[3] Salotti, J.-M. Robust, affordable, semi-direct Mars mission. Acta Astronautica 127, 235–248 (2016).
Par Jean-Marc Salotti, Vice-Président APM

