Par Jean-Marc Salotti, responsable du bulletin
Chers membres,
Voici les nouvelles de l’association pour le deuxième trimestre 2024 :
– Deux articles ont été acceptés avec présentation orale pour le congrès International Astronautical Congress (IAC) qui se tiendra à Milan en octobre prochain :
- celui des étudiants de l’ESTACA sous la tutelle de Lucien Bildstein : “Dimensioning and Cost Evaluation of a Martian Steel Production Plant”
- celui de Jean-Marc Salotti : « Designing light Mars ascent vehicles »
L’association apportera une contribution finanicère aux étudiants pour qu’ils puissent s’y rendre afin de présenter leurs travaux.
– Pierre Brisson vient de publier un nouveau livre :

Le livre de Pierre Brisson, « Franchir sur Mars les portes de l’Espace » a rencontré son éditeur, « Le Lys Bleu Editions ». Il est maintenant publié dans cette maison. Vous pouvez l’y commander directement ou aller chez Amazon, la Fnac, Payot (liens ci-dessous) ; vous pouvez aussi l’acheter ou le commander en librairie (voir ci-dessous).
NB : Pierre Brisson est président de la Mars Society Switzerland. Il a longtemps été administrateur et trésorier de l’APM.
Cet essai de 240 pages fait le point de nos connaissances en astronomie, en astronautique, en géologie martienne, en exobiologie et en ingénierie pour milieux extrêmes. Il entreprend de démontrer qu’il est possible d’envisager de s’installer durablement sur Mars à conditions d’atténuer l’effet des radiations, surtout pendant le voyage, et d’utiliser le Starship de SpaceX. Une fois sur place, l’homme sera devenu une espèce multiplanétaire. Il aura de ce fait, « franchi les portes de l’Espace ».
Plus généralement, dans la trame du récit, il s’agit de parler de cet Espace, des sentiments qu’il inspire et de l’attitude qu’il convient d’adopter vis-à-vis de ce pseudo-vide si grand et si riche dans lequel nous baignons depuis toujours mais auquel nous n’avons accès que depuis quelques décennies.
Dans ce contexte, aller physiquement sur cette planète est le défi que l’homme peut et doit aujourd’hui relever. Beaucoup d’entre nous y voient d’abord l’aventure. Ils ont raison mais aller sur Mars c’est aussi nous donner la possibilité d’accroître considérablement nos connaissances, de nous armer pour apprendre à vivre « ailleurs », et d’assurer notre sécurité à long terme en tant qu’espèce.
La soif inextinguible de mieux comprendre notre environnement proche et lointain est en soi une raison suffisante pour que nous consacrions toujours plus d’énergie et de moyens financiers à recueillir et analyser tous les types d’information et les rechercher à partir de notre sol, de l’Espace ou du sol de la seule autre planète aujourd’hui accessible semblable à la Terre. Par ailleurs, la recherche d’une protection pour notre espèce n’est pas qu’une fantaisie à laquelle nous pouvons rêver quand nous en avons le temps, sans nous préparer pour agir. Préparer le voyage et l’établissement sur Mars d’un tout petit nombre d’entre nous est l’équivalent de la démarche entreprise par Noé avec son Arche dans notre tradition judéo-chrétienne, car les risques de catastrophe planétaire, sur Terre, sont de plus en plus graves et de moins en moins improbables comme la montée des eaux l’était du fait du Déluge. Dans cet esprit, l’essaimage sur Mars d’un petit groupe de Terriens soigneusement sélectionnés, peut être notre seul espoir de ne pas disparaître de l’Univers, au moins comme espèce civilisée.
Notre action ne peut être que fonction de nos capacités technologiques. Mars est de ce fait la seule planète où l’humanité peut envisager aujourd’hui d’installer une petite colonie malgré toutes les difficultés et tous les dangers que cela représente et dont il faut rester conscient. Le défi est important mais il n’est pas impossible de le relever. Nous sommes à la limite de ce que nous pouvons faire mais les hommes toujours ont voulu affronter leurs limites. L’autonomie sur place sera très rapidement une réalité car elle sera en même temps une nécessité, compte tenu de l’éloignement, des dangers du voyage (dont les risques pour la santé induits par les radiations), et de l’espacement de 26 mois des fenêtres de lancements depuis la Terre. Mars deviendra ainsi notre première « Planète-B ».
Le livre repose sur un socle solide, la théorie du fondateur de la Mars Society, Robert Zubrin, présentée dans son livre The Case for Mars (1995) écrit lorsqu’il était ingénieur en Propulsion chez Lockheed Martin en charge du Projet Mars. C’est Robert Zubrin qui a conceptualisé les éléments clefs indispensables pour que le voyage habité et la vie sur Mars entrent dans le domaine du possible : Mars Direct, la gravité artificielle et l’ISRU.
« Mars Direct » car si l’on veut aller sur Mars il faut décider d’aller sur Mars sans compliquer inutilement l’architecture du voyage en passant par la Lune, par Phobos ou par une « Gateway » ce qui entrainerait une débauche de masse, d’énergie, de difficultés techniques et de financements, sans avantages correspondants. La « gravité artificielle » car l’on sait bien les dommages pour la santé et les capacités physiques d’un long séjour en apesanteur, et que l’on peut pallier ce problème en créant une pseudo-gravité par mise en rotation de deux masses dont l’une constituerait l’habitat. L’« ISRU » enfin, parce que, comme du temps des pionniers qui ont traversé l’Amérique ou ceux qui ont traversé l’Antarctique, pour réussir un tel voyage et le séjour qui « va avec » entre l’aller et le retour, il faut voyager léger et pour être efficace, faire en sorte de pouvoir utiliser les ressources locales qui nous attendent sur Mars. Ces ressources ce sont l’atmosphère de CO2 donc l’oxygène et le carbone, la glace d’eau donc l’eau elle-même, son hydrogène et son oxygène, sans oublier tous les minéraux du sol martien et la protection contre les radiations que peuvent apporter l’atmosphère de Mars et son sol. L’énergie, nucléaire, devra être importée mais il existe aujourd’hui des réacteurs à fission de petites tailles qui, non activés, sont transportables.
Le Starship de SpaceX est l’instrument qui peut nous permettre de concrétiser notre projet qui est aussi celui d’Elon Musk. La fusée est certes très massive, elle demande beaucoup d’énergie et elle est relativement peu maniable du fait de sa masse, de sa taille et de son centre de gravité élevé mais ses capacités sont considérables et ses débuts sont encourageants. C’est aujourd’hui la seule fusée capable de transporter les masses et les volumes dont nous aurons besoin pendant le voyage et une fois sur place. Il faut miser sur son amélioration progressive et Elon Musk a déjà largement démontré son inventivité et sas capacités d’adaptation.
Il faut croire, vouloir, oser !
On to Mars !
Illustration : couverture du livre, crédit Le Lys Bleu Editions. Un jour sur Mars, une trainée dans le ciel, l’arrivée d’un nouveau vaisseau. Demain ?
Plan du livre :
Avant-propos / Chapitre 1 : L’espace et nos capacités à l’explorer / Chapitre 2 : La vie, l’homme / Chapitre 3 : L’exploration par l’astronomie et par les sondes / Chapitre 4 : L’astronautique / Chapitre 5 : La vie à bord / Chapitre 6 : Mars, la planète / Chapitre 7 : La préparation du premier vol habité pour Mars / Chapitre 8 : Mars, s’y installer / Chapitre 9 : Mars, y vivre / en guise de conclusion : Après ?
Achat :
Sur le site de l’éditeur : https://www.lysbleueditions.com/produit/franchir-sur-mars-les-portes-de-lespace/ . Sur ce site vous pouvez obtenir une réduction promotion de 5% avec le code LLB5
Sur le site d’amazon.fr (NB : le livre est disponible sur papier et sur liseuse électronique Kindle) ou sur le site de la fnac.com ou chez payot.ch
Chez votre libraire : En attendant la mise sur rayons, vous pouvez passer commande en demandant de le rechercher sur le site Dilicom. Le distributeur est la Sodis.
Autres nouvelles :
- Boris Segret, membre APM de longue date, a passé son Habilitation à Diriger des Recherches le 4 juillet 2024 à Meudon. Le titre de son HDR est « Nanosatellites pour l’astrophysique ».
- Malheureusement, la conférence EMC envisagée en octobre 2024 à Paris « European Mars Conference » est annulée, faute de ressources humaines pour la mettre en place. Pierre Brisson suggère que la prochaine pourrait se dérouler en Suisse en 2025. Affaire à suivre.
- Maxime Bary, polytechnicien, est le nouveau secrétaire APM. Il représentera APM à la prochaine conférence de la Mars Society.
- La convention de la Mars Society aura lieu du 8 au 11 août à Seattle : https://www.marssociety.org/news/2024/03/12/save-the-date-2024-international-mars-society-convention/ Il est possible de s’inscrire pour la suivre en ligne.
Jean-Marc Salotti
Responsable du bulletin APM

