Complément à l’article sur les missions martiennes en cours, ajout du 25/12/2022 pour tenir compte de l’actualité spatiale, par Yves Monier, APM
INSIGHT
Les équipes de la Nasa avaient cru qu’InSight avait détecté un « tremblement de Mars », le 24 décembre 2021. Il a fallu attendre les données de MRO pour découvrir l’origine de cette secousse le 22 octobre 2022. En réalité, elle provient d’un impact de météorite, le plus important observé sur Mars depuis que l’humanité explore l’espace. Le cratère d’impact mesure 150 mètres de diamètre et 21 mètres de profondeur. Quant à la météorite elle-même, les chercheurs estiment que l’objet devait mesurer de 5 à 12 mètres de long. Sur Terre, un tel corps se serait consumé dans l’atmosphère. Mais l’atmosphère martienne est bien plus fine (à peine 1 % plus dense que celle de la Terre). Des éclats ont été éjectés jusqu’à une distance de 37 km du lieu de l’impact.
On s’y attendait, la retraite bien méritée de la sonde InSight est arrivée après trois années de travail : la Nasa a annoncé le 21 décembre avoir perdu le contact avec elle. Elle a enregistré plus de 1300 tremblements de la planète rouge, qu’ils soient d’origine interne ou provoqués par des impacts. Le dernier signal reçu date du 15 décembre. Depuis, la Nasa a tenté de la contacter par deux fois, sans succès, amenant les équipes à conclure que les batteries de la sonde étaient désormais à plat. L’agence spatiale américaine continuera à tendre l’oreille pour recueillir un possible signal, juste au cas où, mais cette éventualité est considérée comme très peu probable.
PERSEVERANCE
Un dust devil ou « diable de poussière » est passé à proximité du rover martien le 27 septembre, soit lors du 215ème jour de la mission de Perseverance sur Mars. Ce tourbillon devait mesurer environ 25 m de large, sur 118 m de haut. Il est passé au-dessus du rover à la vitesse de 19 km/h. Il a fallu un peu de chance pour avoir enregistré ce tourbillon au moment où tous les capteurs de Persévérance mesurant le vent, la pression, la température et la poussière, ainsi que la caméra Navcam, étaient en marche. Ainsi, il a été possible de combiner diverses informations : les sons par le micro français de l’ISAE, les images et les données atmosphériques.
Le 8 décembre, Perseverance a aussi collecté deux extraits d’un matériau situé sous une ondulation sablonneuse, une sorte de dune. Ces prélèvements s’ajoutent aux 15 échantillons de roches précédemment collectés. Ces tubes doivent un jour revenir sur Terre, vers 2033, par la mission de retour d’échantillons.
Un tube en titane, contenant un échantillon de roche, repose à la surface de la planète rouge après y avoir été placé le 21 décembre par le rover. Au cours des deux prochains mois, le rover déposera un total de 10 tubes à l’emplacement, appelé « Three Forks », construisant ainsi le premier dépôt d’échantillons de l’humanité sur une autre planète. Ce dépôt marque une première étape historique dans la campagne Mars Sample Return.
Pour rappel, le premier échantillon déposé était un noyau de roche ignée de la taille d’une craie appelé officieusement « Malay », qui a été collecté le 31 janvier 2022 dans une région du cratère Jezero appelée « South Séítah ». Le système complexe d’échantillonnage et de mise en cache de Perseverance a pris près d’une heure pour récupérer le tube métallique de l’intérieur du ventre du rover, le visualiser une dernière fois avec sa CacheCam interne et le laisser tomber depuis une hauteur de 89 centimètres sur une zone plate, soigneusement sélectionnée, de la surface martienne.
Le dépôt servira de sauvegarde si Perseverance ne peut pas livrer ses échantillons. Dans ce cas, une paire d’hélicoptères de récupération d’échantillons serait appelée pour terminer le travail. Lien vers une vidéo explicative :
https://www.jpl.nasa.gov/news/nasas-perseverance-rover-deposits-first-sample-on-mars-surface
La mission MSR, très complexe, parait très simple à la vue de cette vidéo de la NASA.
Yves Monier


