Des nouvelles de Mars dans la feuille de route Artemis ?
Qu’est devenue l’ambition initiale du programme Artemis, qui devait amener l’homme sur Mars en 2033, après une première phase Lune ? Ce programme, initié sous la présidence Trump, a survécu au changement de président. Mais qu’en reste-t-il exactement ? Notamment dans un contexte où les chinois se sont alignés en annonçant l’homme sur Mars…. en 2033.
A ce jour, la programmation n’est pas d’une lisibilité exceptionnelle, à tout le moins. Deux programmes (ou objectifs) Lune coïncident, mais ne sont pas coordonnés dans le temps :
- La phase1 de Artemis a trois objectifs : tester des véhicules inhabités vers la Lune (Artemis I : en principe en 2022, dès la disponibilité du SLS), puis envoyer un équipage en orbite autour de la Lune (Artemis II, 2023), et enfin un premier retour sur la surface lunaire en 2025, pour un équipage constitué d’un homme et d’une femme (Artemis III). Au-delà, l’objectif Lune est plus flou : une présence permanente de l’homme sur la Lune.
- La deuxième initiative concerne le développement de la « Lunar Orbital Gateway », censée à terme constituer une plateforme de soutien à des vols vers Mars et au-delà. Cette plateforme est assez décriée parmi les experts de mécanique spatiale. Robert Zubrin communique d’ailleurs sur le très mauvais rapport « qualité/prix » entre les budgets requis et les connaissances et expérience additionnelles acquises (notamment vis-à-vis de l’ISS). L’étape d’une présence sur le sol lunaire reste par contre une source d’expérience pour de futures missions martiennes.
Qu’est-il resté de l’objectif martien à un horizon d’environ une décennie 2033 ? Le dix-sept mai dernier, la NASA vient de publier un appel à contributions (voir ici), demandant un avis sur une liste de 50 problématiques proposées, ouvert aux industriels, aux institutions, aux associations et même au public, ouvert à l’international. Le point positif est que cette interrogation montre que la problématique est toujours vivante à la NASA. Le point négatif est la relative naïveté des questions posées, et notamment, l’absence de prise en compte des réflexions antérieures et des idées d’acteurs privés comme SpaceX ! La méthode reste cependant innovante !
Nous rentrons à nouveau dans une phase d’incertitude, où tout est incertain, mais reste possible !
Je souhaite à nos membres une bonne lecture de ce premier bulletin trimestriel en format électronique. N’oubliez pas de profiter des nouvelles fonctions de commentaires – type blog – pour réagir à cet éditorial et aux articles publiés.
Philippe Clermont
Président

