Porteurs du projet : Jean-Luc Morel, chercheur CNRS et Jean-François Quignard, Professeur des Universités à Bordeaux
Financement : 4,00 M€ (budget total : 8,41 M€)
Durée : 2025-2030
Consortium : Université de Bordeaux, Way4Space, université Aix-Marseille, université de Caen, université de Bourgogne, université Toulouse 3 Paul Sabatier, université de Montpellier, université de Rennes 2, université Jean Monnet Saint-Étienne, université de Lorraine, université Clermont Auvergne, Sorbonne Université, université Paris Cité, université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines / université Paris-Saclay, CNRS, IFREMER, MEDES, Ethospace.

L’exploration spatiale connaît aujourd’hui un tournant historique. Alors que se profilent une présence humaine durable en orbite basse, le retour sur la Lune et les futures missions vers Mars, les besoins en compétences évoluent rapidement. Comment le corps humain s’adapte-t-il à la microgravité ? Comment maintenir la santé, la nutrition et la performance cognitive dans des environnements extrêmes ? Quels systèmes de soutien de vie développer pour des séjours prolongés hors de la Terre ?
Pour répondre à ces défis scientifiques, technologiques et humains, le projet CAP BIOSPACE propose une approche totalement nouvelle : structurer à l’échelle nationale une filière de formation interdisciplinaire en biologie-santé spatiale. Lauréat du programme Compétences et Métiers d’Avenir du plan France 2030, ce projet rassemble 17 partenaires académiques, institutionnels et industriels autour d’une ambition commune : former les experts qui accompagneront les grandes étapes de l’exploration spatiale dans les décennies à venir.
CAP BIOSPACE se déploie sur l’ensemble du parcours éducatif et professionnel, de la sensibilisation au lycée jusqu’à la formation continue, en passant par les cursus universitaires de la licence au doctorat.
- Au lycée : sensibiliser à la biologie spatiale
Afin d’intéresser les jeunes générations aux enjeux de la biologie spatiale, des ateliers immersifs animés par des médiateurs et médiatrices scientifiques sont développés en partenariat avec Cap Sciences, le Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Bordeaux. En parallèle, des mallettes pédagogiques permettant d’initier les jeunes aux impacts de la gravité et de la performance notamment sont en cours de création.
- À l’université : une nouvelle filière nationale en biologie spatiale
o Au niveau Licence
Dès la Licence 3, des unités d’enseignement “Recherche-Projet” introduisent les bases de la biologie spatiale et des environnements extrêmes, à travers des approches expérimentales et interdisciplinaires. Ces enseignements se développent dans chaque université partenaire, et par exemple à Bordeaux un enseignement optionnel de 50 heures (UER A-Space) a été mis en place pour les étudiants.es en santé (médecine odontologie, pharmacie, maïeutique…).

Ces étudiants.es ont développé un projet scientifique spatial en santé et ont pu rencontrer des industriels du monde spatial aquitain via le partenaire Way4space (centre d’innovation et d’inspirations spatiales). De même, quatre étudiantes de licence 3 de biologie ont présenté un projet fictif sur le développement d’embryon dans l’espace. Des formations similaires ont été réalisés dans les autres universités partenaires comme Nancy ou Montpellier.
o Un Master 2 : BioSpace X-pert (ouverture en 2026 à l’Université de Bordeaux)
Ce Master 2 fédère l’ensemble des partenaires de CAP BIOSPACE et sera ouvert à l’international associant des expertises en biologie, santé, ingénierie et technologies spatiales. Il sera ouvert aux étudiants provenant de filières variées pertinentes en biologie, santé, ingénierie, STAPS, etc, mais aussi des professionnels en formation continue ou en VAE, souhaitant évoluer vers des postes de chef de projet ou de CSO.
Le Master Biospace X-pert est une formation pluridisciplinaire et transversale. Elle couvre un large spectre de domaines liés à la biologie et à la santé qui sont listés dans le tableau 1. La pédagogie repose à la fois sur des enseignements scientifiques, la construction de projets, des rencontres inspirantes, avec par exemple Way4Space ou des représentants de l’industrie spatiale en Nouvelle-Aquitaine, des visites de sites comme le MEDES et le développement de partenariats solides avec les acteurs du spatial.

Les diplômés pourront intégrer :
- les entreprises du spatialet des biotechnologies, notamment celles travaillant sur la microgravité ou les systèmes de soutien de vie ;
- les agences spatiales (CNES, ESA) ;
- les secteurs de l’enseignement, de la recherche et de la diffusion scientifique ;
- les domaines du sport, de la physiologie de la performance et de la prévention en santé.
o Au niveau doctoral
Le projet finance également des bourses de thèse au sein des établissements partenaires, afin de renforcer la recherche française sur les environnements extrêmes et leurs applications spatiales.
- Formation continue : accompagner les reconversions et les besoins industriels
CAP BIOSPACE propose également des modules destinés aux professionnels en reconversion, aux acteurs du spatial et aux entreprises des biotechnologies à termes à travers des capsules numériques, des formations hybrides et des parcours certifiants autour des dispositifs médicaux, de la microgravité, de la physiologie ou encore des supports de vie.
En proposant un continuum de formation unique en Europe, CAP BIOSPACE contribue à :
- structurer une filière nationale en biologie-santé spatiale ;
- développer des formations interdisciplinaires, fondées sur la recherche expérimentale et les projets collaboratifs ;
- renforcer l’attractivité scientifique auprès des jeunes ;
- inscrire les formations dans une coopération internationale ;
- répondre aux besoins en compétences des entreprises qui participent à la prochaine ère de la présence humaine dans l’espace.
En réunissant universités, laboratoires, entreprises du spatial et acteurs de l’enseignement, CAP BIOSPACE ouvre une nouvelle voie dans la formation scientifique française. Ouvrant ses enseignements sur l’internationale, ce projet prépare une génération de chercheurs, d’ingénieurs, de médecins et de médiateurs capables de relever les défis posés par l’exploration spatiale et les environnements extrêmes terrestres.
Ce travail a bénéficié d’une aide de l’État gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre de France 2030 (ANR-25-CMAS-0006).

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