
ARTEMIS1 : vers la Lune, puis Mars ?
A l’heure où j’écris ces lignes, la mission Artemis1 vient de se terminer. Après de multiples reports pour raisons techniques ou météo, le premier vol SLS Block1 (1), s’est élancé de Cap Canaveral le 16 novembre 2022 et la capsule Orion a amerri dans le Pacifique le 11 décembre.
Ce vol inaugural, majeur, a été peu médiatisé en France auprès du grand public.
Pourtant, son importance est immense : après des années de retard, le premier tir du SLS, lanceur lourd avec une capacité de 95T en orbite basse (27T en injection lunaire), est réussi. Ce vol a aussi été l’objet de très nombreux tests de la capsule Orion (dont l’Europe fournit l’important module de service ESM), notamment la protection thermique au retour à la rentrée atmosphérique. Une dizaine de cubesats scientifiques ont été lancés à cette occasion. L’orbite lunaire retenue (« rétrograde haute ») a conduit à envoyer un véhicule habitable plus loin que jamais dans le passé (y compris Apollo).
ArtemisII est prévu en 2024 avec un équipage, mais sans alunissage. ArtemisIII (2025/26) constituera le retour de l’humanité sur la Lune.
Artemis se limite donc à la Lune ? Quand on regarde les détails, pas du tout. Il s’agit d’une mission d’acquisition de connaissances précieuses et indispensables pour le voyage de l’Homme vers l’espace profond et Mars. Citons par exemple les nombreuses mesures d’environnement radiatif réalisées : des capteurs dans de nombreux endroits de la capsule Orion, des mannequins aux postes de commande, également bardés de capteurs. L’un d’entre eux était équipé de la veste de protection Astrorad (2) pour des mesures différentielles avec un autre mannequin dépourvu de cette protection.
En attendant, on ne peut que constater le manque (voire l’absence) d’ambition de l’ESA concernant le vol habité et les lanceurs lourds, manifeste lors de la ministérielle de Novembre.
Pour finir, dans le contexte général, souhaitons aussi que l’acquisition de Twitter par Elon Musk lui laisse suffisamment de temps pour continuer à donner une direction visionnaire à SpaceX !
Philippe Clermont
Président
(1) L’étage supérieur du SLS va évoluer rapidement.
(2) Bulletin APM 70 – Janvier 2017.
