A tous ceux qui recherchent l'aventure, l'exploit ou qui veulent servir la Science ! A tous ceux qui aiment la recherche ou la technologie ! A tous ceux qui rêvent de partir dans l'espace, explorer des mondes lointains ! Lisez ces quelques lignes…

Mais d'abord, à tous ceux qui ne parlent pas couramment l'anglais ET le russe : halte-là ! N'espérez pas monter à bord de MARS500.

L'Agence Spatiale Européenne et l'IBMP russe (Institute of BioMedical Problems)  poursuivent leurs investigations et recrutent dans toute l'Europe des candidats à trois  séjours longs en simulateur martien. En fait, l'ESA recherche 2 candidats et 2 doublures pour chaque séjour. 

Ces séjours longs (deux fois 100 jours et une fois 500 jours), donneront lieu à des études poussées sur les conditions et réactions d'un équipage lors d'une isolation prolongée dans un milieu confiné. Premier embarquement : mai 2008 pour 3 mois à bord.

Ces programmes d'études se font dans le prolongements d'autres simulations (ISEMSI en 1990 pendant 30 jours, EXEMSI en 1992 pendant 60 jours, HUBES en 1994 pendant 60 jours…), simulations qui portaient sur des aspects très variés d'une mission vers Mars…

Le programme expérimental MARS500 vise spécifiquement à acquérir des données sur la psychologie humaine, individuelle et de groupe, sur les capacités physiques et médicales, sur les limitations et contraintes, infligées par un vol spatial vers Mars d'une durée  d'environ 500 jours, impliquant un équipage international de 6 personnes confinées dans des modules restreints. Des experts indépendants interviendront ou contrôleront les opérations et expériences durant toutes les phases des trois simulations. Ainsi, mis à part le véritable éloignement à la planète mère, l'étude des conséquences des radiations solaires et cosmiques ou l'étude de la décalcification osseuse, les simulations seront très proches de la réalité. Les équipages suivront un programme quotidien d'activités très strict qui tiendra compte du voyage aller les 250 premiers jours, du séjour sur place durant les 30 jours suivants puis des phases du retour durant les 220 derniers jours.

Les équipages vivront et travailleront dans des modules de l'IBMP totalement hermétiques, situés à Moscou et spécialement conçu pour ces simulations. L'ensemble de l'infrastructure de simulation fait environ 200m² et comprend :

– un module médical capable de prendre en charge de malades simultanément et permettant de réaliser des opérations médicales de routine ainsi que des analyses biologiques,
– un module de vie équipé de 6 cabines individuelles d'environ 3m², d'une cuisine commune, d'un salon et de toilettes,
– un module d'atterrissage, sui sera utilisé durant 30 jours seulement et qui permettra la simulation in-situ du séjour martien,
– un module entrepôt, permettant le stockage de la nourriture, des équipements et matériels et comprenant également une serre, un sauna et l'espace de gymnastique-musculation.

Les programmes de nutrition et d'hygiène seront comparables à ceux mis en place dans l'ISS, à savoir même type de rationnement alimentaire et même type de rationnement de l'eau. La consommation de tabac et d'alcool ne sera pas permise à bord. L'équipage sera largement autonome, dans les prises de décision concernant le contrôle de la situation environnementale, dans la gestion des ressources du bord…

Les communications avec le centre de contrôle seront réalisées avec un délai simulant le délai réel qui pourra atteindre jusqu'à 20 minutes dans un sens. Les communications privées seront limitées mais comparables à ce qui se pratique actuellement dans les vols spatiaux.

 

   

L'organisation quotidienne sera la même que celle d'un équipage classique, avec des semaines de 7 jours dont 2 de repos, 8 h de travail, 8 h de détente (dont 1 h de gym) et 8 h de sommeil. Par ailleurs, chaque membre d'équipage assurera chaque semaine et à tour de rôle, un quart de veille la nuit. L'équipage assurera durant toute la durée des simulations, la réalisation d'expérimentations et analyses scientifiques et médicales, de tâches de maintenance des infrastructures et des systèmes, se formera à des nouvelles procédures… De plus, les simulations impliqueront des tests et situations d'urgences, d'incidents, d'accidents, de maladies, de pannes…

Durant la phase in-situ, simulation l'exploration de la planète à bord du module d'atterrissage, l'équipage sera divisé en deux groupes de 3 personnes. L'équipage chargé d'explorer la surface sera isolé durant les 30 jours de celui resté à bord du module de vie

La sélection
La sélection des candidats va se faire sur des critères d'éducation et de niveaux d'études, d'expériences professionnelles, de conditions physiques et médicales et de situations sociales. Les candidats devront parler parfaitement l'anglais et le russe. Après une première sélection, les candidats seront invités à réaliser des tests médicaux et des entretiens identiques à ceux pratiqués dans les sélections d'astronautes professionnels. Les candidats devront enfin s'engager formellement même s'ils pourront stopper l'expérience à tout moment…

Critères de sélection
– Avoir entre 25 et 50 ans,
– Etre en bonne santé physique,
– Etre très motivé,
– Mesurer moins de 185 cm,
– Etudes et expériences professionnelles dans l'un de ces matières : médecine, biologie, ingénierie des systèmes, informatique, électronique, mécanique,
– Langues parlées : anglais et russe,
– Disponibilité pour toute la simulation,
– Etre non fumeur, non addicte à l'alcool ou à des drogues,
– Etre volontaire pour tout type d'expérimentations et analyses médicales et psychologiques,
– Etre de nationalité et résider dans un pays de l'ESA ou des programmes ELIPS ou AURORA (Autriche, Belgique, Suisse, Allemagne, Danemark, Espagne, France, Grèce, Italie, Irlande, Norvège, Hollande, Portugal, Suède, Royaume-Uni ou Canada).

 

                                               Plan du simulateur de l'IBMP à Moscou
Module 1 : module médical – Module 2 : module vie – Module 3 : module d'atterrissage – Module 4 : module entrepôt.

Critères d'exclusion

– Refus de participer aux expériences scientifiques et psychologiques,
– Mauvaise condition médicale,
– Antécédents personnels ou familiaux de maladie ou troubles psychologiques,
– Indice de masse corporelle inférieure à 20 ou supérieure à 28,
– Régime alimentaire particulier,
– Prisonnier,
– Problèmes de langage.

Enfin, la totale participation aux simulations, à leurs préparations et à leurs débriefings sera rémunérée selon les standards internationaux.

Alors, toujours candidat ?

© Textes : Gilles Dawidowicz/APM.
© Images : ESA.